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Auteur : |
Henri
Bresc |
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Titre : |
Arabes de langue, Juifs de religion L’évolution du judaïsme sicilien dans l’environnement latin, XIIe-XVe siècles. |
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Collection : |
Bibliothèque de la Méditerranée |
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Résumé : |
Ce livre se propose de saisir une identité complexe – fondée sur la religion, entendue à la fois comme loi qui réunit morale et droit, mais aussi relation personnelle avec la divinité, jusqu’à l’union mystique – celle des juifs siciliens, englobés par la reconquête normande, entre 1060 et 1090, et dans un Etat monarchique intégrant sous sa domination musulmans et juifs. Ancré dans un passé linguistique qu’il n’a pas renié, le judaïsme sicilien prolonge pendant quatre siècles, jusqu’en 1492, l’usage de l’arabe, langue écrite et parlée, qui l’identifie et le protège. C’est un fait unique dans l’Europe et du Moyen Âge, jusqu’à l’expulsion de 1492, décidée en Espagne contre l’avis des Siciliens… |
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ISBN : |
2-912946-39-5 |
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Prix : |
33,5
€ 16x24 cm. 250 pages |
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4ième de couverture
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Ce livre se propose de saisir une identité complexe- fondée sur la religion, entendue à la fois comme loi qui réunit morale et droit, mais aussi relation personnelle avec la divinité, jusqu’à l’union mystique – celle des juifs siciliens, englobés par la reconquête normande, entre 1060 et 1090, et dans un Etat monarchique intégrant sous sa domination musulmans et juifs. Ancré dans un passé linguistique qu’il n’a pas renié, le judaïsme sicilien prolonge pendant quatre siècles, jusqu’en 1492, l’usage de l’arabe, langue écrite et parlée, qui l’identifie et le protège. C’est un fait unique dans l’Europe du Moyen Âge, jusqu’à l’expulsion de 1492, décidée en Espagne contre l’avis des Siciliens. Les juifs de Sicile ont maintenu également l’onomastique arabe et des structures de parenté proches de celles du monde maghrébin. Des fonctions économiques traditionnelles – médecine, artisanat, petit commerce – ont permis des relations de collaboration avec l’environnement chrétien et émoussé les tensions. La protection royale et la pleine citoyenneté des villes où les juifs résident ont fait de la Sicile une terre d’immigration, de fidélité religieuse et un creuset des savoirs. L’étude de l’abondante documentation sicilienne, des registres de notaires et de chancellerie, illustre cette longue et originale survie d’un judaïsme arabophone et offre un exemple précoce de fidélité aux engagements du droit, sur le chemin de la tolérance.
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Jusqu'en
1492, la Sicile se caractérise par l'importance numérique et la cohésion
identitaire de sa communauté juive : constamment renouvelée par
l'immigration, celle-ci représente sans doute près de 5 % de la population
sicilienne, ce qui constitue le pourcentage le plus élevé de tout le monde
latin médiéval.
Fin
connaisseur du monde sicilien, Henri Bresc nous ouvre les portes de cette
communauté originale de médecins, d'artisans et de petits négociants,
regroupés dans une quarantaine de bourgs. A la particularité religieuse les
Juifs de Sicile ajoutent une spécificité linguistique : ils n'ont jamais
renoncé à l'usage de la langue arabe.
Henri
Bresc décrit minutieusement, dans ce livre attachant et très documenté,
l'existence de ces Juifs arabophones vivant dans des quartiers séparés, mais
côtoyant les autres Siciliens dans une promiscuité relativement pacifique.
Sur le plan juridique, ils jouissent à la fois de la protection royale et de
la citoyenneté pleine et entière.
Leur
culture matérielle témoigne surtout de leur acculturation. Les clercs se
plaignent amèrement du fait que rien, dans leur vêtement ou dans le port de
la barbe, ne les distingue des autres habitants.
Le
judaïsme sicilien ne s'est pas pour autant complètement fondu dans la
société chrétienne. Pourquoi ? Sans doute — c'est du moins l'hypothèse
séduisante d'Henri Bresc — parce que la survie de la langue arabe lui a
servi de « première ligne d'identification et de défense ».
Moins
brillante sur le plan intellectuel que la communauté juive d'Espagne, la
communauté sicilienne n'a pas eu non plus à subir les conversions de masse
qui caractérisent, à partir du XIV° siècle, l’ensemble du judaïsme
européen.
Adaptant
leurs traditions pour accomplir, du point de vue de la vie quotidienne, une
acculturation relativement harmonieuse, les Juifs de Sicile ont su faire de
leur culture et de leur langue une « carapace identitaire ».