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Auteur : |
Youcef
Sebti |
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Titre : |
L’enfer
et la folie |
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ISBN : |
2-912946-66-2 |
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Prix : |
10
€. 14,5x21 cm. 96 pages |
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4ième de couverture
L’Enfer
et la folie est paru en 1982
(SNED, Alger). Youcef Sebti n’a jusqu’à ce jour publié qu’un seul recueil, L’Enfer et la Folie. C’est une sorte de journal de bord (septembre 62-octobre 66)où sont consignés les souvenirs de la guerre et les désarrois d’une jeunesse. Le regard sur la guerre est loin d’être une rétrospective triomphaliste ou discursive ; au lieu du discours guerrier, c’est la poésie intransigeante et totale qui se tient aux détours imprévisibles de l’événement pour faire feu de ses mots rouges. L’Enfer et la Folie, aux accents parfois rimbaldiens, est un recueil d’une grande densité où des poèmes éclatent sous l’afflux de la douleur et du cri. Poèmes d’impatience qui ne tolèrent ni le doute ni la retenue, qui brisent leur propre cadence pour rythmer ce monde à venir qui redonnera la saveur aux choses et aux mots.
Tahar Djaout assassiné le 26 mai 1993
Youcef Sebti, assassiné le 27 décembre 1993. |
Né
le 24 février 1943 à Boudious (près d’El Milia) dans une famille de
petite bourgeoisie rurale. Lycée d’enseignement franco-musulman de
Constantine. Etudes d’agronomie et de sociologie. Passe quelque temps à l’hôpital
psychiatrique de Kouba (Alger). Chimiste dans les usines de la SNOLCO.
Enseignant à l’école d’agriculture de Skikda. A partir de 1969,
enseignant à l’Institut agronomique d’El Harrach, où il consacrera
pratiquement la moitié de sa vie à l’enseignement et à la recherche.
Poète
et écrivain libre, personnalité forte et originale par ses idées,
président du comité des sages de l’INA, Sebti s’activait inlassablement
au niveau de plusieurs revues scientifiques et culturelles ainsi que des mass
media tant au plan national qu’international.
Dans
la nuit du 27 au 28 décembre 1993, des mains criminelles ont prématurément
mis fin à la vie de Youcef Sebti.
De
Youcef Sebti, poète algérien assassiné le 27 décembre 1993, Jean Sénac
disait : “Ce brasier fraternel s’arc-boute à la dénonciation, la
colère, la profanation des tabous, une ironie grinçante. Révolte en forme
de bistouri qui, d’abcès en abcès, s’achemine vers une hypothétique
santé”. À lire, aujourd’hui, ce recueil de poèmes écrits entre
septembre 1962, au lendemain de la guerre de libération - “je n’ai
pas fait la guerre, elle m’a fait”- et octobre 1966, seize mois
après le coup d’Etat de Boumediene, le chemin de cette “santé
hypothétique” paraît introuvable.
La poésie de Sebti est sans concession ni lyrisme pour ce monde qui “rend
fou”. La haine, née du colonialisme, de la guerre, de la bureaucratie,
des interdits, de l’injustice, celle faite aux femmes et aux miséreux,
devient ici sauvagement nourricière. Lus après les années meurtrières
qui ont ensanglanté l’Algérie, les mots libèrent de terribles et
prémonitoires images, exhalent des visions hallucinées. Pourtant et
toujours le poète reste en quête de sens : “Patiemment / criblé /
assailli / j’ai / couru / à l’affût de l’espoir”. Mais où se
niche-t-il cet espoir ? Dans la folie ? “Je ne suis qu’un demi
cinglé. / Les cinglés ont leur monde / leur vie, leur existence / qui des
vivants sur terre est le plus fou ?”. Dans la dénonciation aux
accents rimbaldiens de la tyrannie et de l’hypocrisie d’un ordre social
et moral où “seule la vieille putain reste hospitalière”?
Sûrement dans le refus de la haine même : “haïr ma haine / haïr
ceux qui nous pillent / haïr ceux qui nous tuent / haïr ceux qui torturent
/ haïr haïr jusqu’au bout de la haine / te haïr ma haine”.
Mustapha
Harzoune
[23/04/2003]