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L'enfer et la folie

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L’enfer et la folie, Yousef Sebti

 

 

L’ouvrage  

4ième de couverture

Eléments de biographie

Extrait de presse : Hommes et migrations - Avril 2003

 

L’ouvrage

 

Auteur :

Youcef Sebti

Titre :

L’enfer et la folie

ISBN :

2-912946-66-2

Prix :

10 €. 14,5x21 cm. 96 pages

 

 

 

 

 

4ième de couverture

 

L’Enfer et la folie est paru en 1982 (SNED, Alger).

Youcef Sebti n’a jusqu’à ce jour publié qu’un seul recueil,

L’Enfer et la Folie. C’est une sorte de journal de bord (septembre 62-octobre 66)où sont consignés

les souvenirs de la guerre et les désarrois d’une jeunesse.

Le regard sur la guerre est loin d’être une rétrospective triomphaliste ou discursive ;

au lieu du discours guerrier, c’est la poésie intransigeante et totale

qui se tient aux détours imprévisibles de l’événement

pour faire feu

de ses mots rouges.

L’Enfer et la Folie, aux accents parfois rimbaldiens,

est un recueil d’une grande densité où des poèmes éclatent

sous l’afflux de la douleur et du cri.

Poèmes d’impatience qui ne tolèrent ni le doute ni la retenue, qui brisent

leur propre cadence pour rythmer ce monde à venir

qui redonnera la saveur aux choses et

aux mots.

 

Tahar Djaout

 assassiné le 26 mai 1993

 

Youcef Sebti, assassiné le 27 décembre 1993.

 

 

Eléments de biographie

 

Poète, penseur et critique littéraire

 

Né le 24 février 1943 à Boudious (près d’El Milia) dans une famille de petite bourgeoisie rurale. Lycée d’enseignement franco-musulman de Constantine. Etudes d’agronomie et de sociologie. Passe quelque temps à l’hôpital psychiatrique de Kouba (Alger). Chimiste dans les usines de la SNOLCO. Enseignant à l’école d’agriculture de Skikda. A partir de 1969, enseignant à l’Institut agronomique d’El Harrach, où il consacrera pratiquement la moitié de sa vie à l’enseignement et à la recherche.

Poète et écrivain libre, personnalité forte et originale par ses idées, président du comité des sages de l’INA, Sebti s’activait inlassablement au niveau de plusieurs revues scientifiques et culturelles ainsi que des mass media tant au plan national qu’international.

 

Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1993, des mains criminelles ont prématurément mis fin à la vie de Youcef Sebti.

   

 

Extrait de presse : Hommes et migrations - Avril 2003

 

De Youcef Sebti, poète algérien assassiné le 27 décembre 1993, Jean Sénac disait : “Ce brasier fraternel s’arc-boute à la dénonciation, la colère, la profanation des tabous, une ironie grinçante. Révolte en forme de bistouri qui, d’abcès en abcès, s’achemine vers une hypothétique santé”. À lire, aujourd’hui, ce recueil de poèmes écrits entre septembre 1962, au lendemain de la guerre de libération - “je n’ai pas fait la guerre, elle m’a fait”- et octobre 1966, seize mois après le coup d’Etat de Boumediene, le chemin de cette “santé hypothétique” paraît introuvable.
La poésie de Sebti est sans concession ni lyrisme pour ce monde qui “rend fou”. La haine, née du colonialisme, de la guerre, de la bureaucratie, des interdits, de l’injustice, celle faite aux femmes et aux miséreux, devient ici sauvagement nourricière. Lus après les années meurtrières qui ont ensanglanté l’Algérie, les mots libèrent de terribles et prémonitoires images, exhalent des visions hallucinées. Pourtant et toujours le poète reste en quête de sens : “Patiemment / criblé / assailli / j’ai / couru / à l’affût de l’espoir”. Mais où se niche-t-il cet espoir ? Dans la folie ? “Je ne suis qu’un demi cinglé. / Les cinglés ont leur monde / leur vie, leur existence / qui des vivants sur terre est le plus fou ?”. Dans la dénonciation aux accents rimbaldiens de la tyrannie et de l’hypocrisie d’un ordre social et moral où “seule la vieille putain reste hospitalière”? Sûrement dans le refus de la haine même : “haïr ma haine / haïr ceux qui nous pillent / haïr ceux qui nous tuent / haïr ceux qui torturent / haïr haïr jusqu’au bout de la haine / te haïr ma haine”.

Mustapha Harzoune

[23/04/2003]