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• Le gouvernement du général Berthezène à Alger en 1831
• De «l’Algérie française» à l’Algérie algérienne
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En hommage à l’historien Charles Robert Ageron, les éditions Bouchène viennent de faire paraître cinq volumes traitant de la colonisation française en Algérie, De l’Algérie française à l’Algérie algérienne réunis en deux volumes, un choix d’études portant sur l’histoire de l’Algérie s’étalant de l’époque coloniale aux accords d’Evian. Le gouvernement du général Berthezène à Alger en 1831 : cet ouvrage est une thèse complémentaire inédite de l’auteur, qui, prenant pour matériaux les documents d’archives, met en lumière la posture de ce général, qui, sans s’en prendre à la colonisation, a cependant réagi aux violences générées par ce système. Les Algériens musulmans et la France 1871-1919 : il s’agit là de la réédition des travaux de l’auteur relatifs à la domination coloniale examinée sous ses aspects administratifs et politiques. L’auteur y dissèque tous les instruments utilisés par le pouvoir colonial pour l’élimination des cadres “autochtones”, leur domestication, celle de la justice musulmane; le code de l’indigénat, de la dégradation voulue de l’enseignement de la langue arabe et enfin des tentatives de christianisation. Au plan économique, Ageron développe sur les mécanismes de confiscation et d’accaparement des terres. En ces temps de glorification par certains nostalgiques du système colonial français, l’édition ou la réédition de ces ouvrages ne pouvait être plus opportune. Pour rappel, le champ éditorial des éditions Bouchène, dirigées par leur fondateur Abderrahmane Bouchène, couvre les travaux de recherche en histoire, en anthropologie culturelle, la réédition d’ouvrages de référence et des fictions et témoignages sur les périodes récentes. Abderrahmane Bouchène qui avait ouvert sa maison d’édition en 1987 à Alger a dû, en 1994, s’exiler en France où il continua malgré tout à mener son projet éditorial à terme. K. Baba Ahmed, bureau du Soir à Paris Le second article est en rapport avec les harkis (Ibid., p. 664-667.). En cinq pages, Age ron tord le cou aux contrevérités, aux chiffres trafiqués sur les questions des harkis, ces supplétifs de l’armée fran çaise qui auraient été, selon le mythe en vigueur, lâchement abandonnés par la France au génocide perpétré contre eux par le FLN. Ageron montre que :
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La publication des oeuvres de Charles-Robert Ageron, doyen des his toriens de l’Algérie coloniale, aux éditions Bouchène, dont il faut saluer le travail, constitue une entreprise essen tielle pour la connaissance et la com préhension de cette colonie. Le lecteur dispose désormais de sa thèse d’État, les Algériens musulmans et la France 1871-1919, publiée en deux volumes et sa thèse complémentaire inédite, le Gouvernement du général Berthezène à Alger en 1831. Nous voudrions insister sur deux volumes rassemblant tous les articles publiés par Charles-Robert Ageron, De l’Algérie «française » à l’Algérie algérienne et Genèse de l’Algérie algérienne. Ils montrent l’étendue des savoirs, la diversité des sujets abordés qui empruntent à l’histoire politique surtout, mais aussi à l’histoire sociale, économique et à la démographie historique, le classicisme de la méthode qui tient les sciences sociales à distance comme de nombreux savants de sa génération (C-R. Ageron. De l’Algérie «française» à l’Algérie algérienne et Genèse de l’Algérie algérienne. op. cit., 623 p. et 685 p.). Charles-Robert Ageron cherche d’abord à établir les faits avec le plus d’exactitude et de vérité en utilisant le matériau de l’historien par excellence, l’archive écrite. Retenons parmi ces nombreux textes, deux articles qui éclairent par leur savoir les débats actuels. Le premier est en rapport avec la violence coloniale et la périodisation de la guerre: l’insurrection du 20 août 1955 dans le Constan tinois (C.-R. Ageron. Genèse de l’Algérie algérienne, op. cit., p. 535-553.). Alors que la guerre commencée depuis la Toussaint 1954 piétinait, les chefs de la wilaya Il décidèrent de mobiliser la paysannerie de cette région en la poussant à attaquer les Européens, parmi lesquels il y eut 123 morts. La répression fut terrible, sans qu’il soit possible d’en donner une estimation. La guerre sainte fut l’outil de mobilisation des fellahs misérables du nord-constantinois. Le 20 août 1955 radicalisa les deux communautés, les Européens virent dans les émeutiers des fanatiques et la répression militaire fit basculer la population du côté du FLN. Les chefs de la wilaya II avaient réussi leur opération : le sang versé séparait Européens et Algériens et la guerre d’Algérie changeait de vitesse : Revue de presse
La plupart des chercheurs, universitaire ou journalistes qui ont travaillé sur la question algérienne connaissent bien désormais le nom de Charles-Robert Ageron. Avec le recul du temps, il apparaît de nos jours comme l'un des historiens les plus importants du Maghreb contemporain. En 2000, un colloque réunissant à la Sorbonne plusieurs dizaines d'historiens des quatre coins du monde a rendu hommage à l'érudition, à l'esprit méthodique, à l'obstination de ce chercheur infatigable. La plupart des intervenants ont rappelé l'ampleur de son oeuvre avec, au centre, sa monumentale « Histoire de l'Algérie ». Les Éditions Bouchère publient aujourd'hui en cinq volumes la totalité de ses écrits.
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RENAUD DE ROCHEBRUNE
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• Nouvel Observateur, semaine du 6 au 12 octobre 2005
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