4ème de couverture

La course a occupé une place particulière dans l’histoire de l’Algérie ottomane. Elle a été à l’origine de la fondation de la Régence d’Alger qu’elle a accompagnée jusqu’à la fin. Elle lui a donné certaines de ses caractéristiques et lui a assuré un statut particulier au sein de l’empire ottoman, comme elle a marqué les péripéties de sa politique extérieure.
La persistance de la course, même sous des formes réduites, à une époque où tout la condamnait, indique qu’au-delà des objectifs économiques ou politico-militaires, se pose le problème de son rôle social et de sa dimension symbolique.
On sait que longtemps après sa disparition, elle a continué à imprégner les esprits des deux côtés de la Méditerranée, à travers le cliché sur «le nid de pirates» auquel répondait en écho le mythe de «l’âge d’or». Les belles pages de Braudel sur la course en Méditerranée ont rendu ce genre de procès complètement obsolète pour les historiens sauf à l’étudier en tant que composante des conflits de mémoire.
L’histoire n’est pas un tribunal, disait Georges Lefebvre. Si ce problème est abordé ici, ce n’est pas pour glorifier ou stigmatiser, mais pour essayer de comprendre la vie et les activités des hommes du passé dans des contextes qui ne sont plus les nôtres.


 

Extrait de presse

CONFLUENCES
On connaît malheureusement assez peu en France les travaux des historiens algériens sur l'Algérie ottomane. Serait-ce que, dans l'inconscient colonial, l'Algérie ne commence à exister que sous la domination française qui la rendrait intelligible, y compris à nombre de chercheurs et de savants ?

Pourtant, récemment, Abd El Hadi Ben Mansour, érudit et savant latiniste, a publié un passionnant Alger XVI
e-XVIIe siècles. Journal de Jean-Baptiste Gramaye, évêque d'Afrique (Le Cerf, Paris, 1998). Et, sensiblement au même moment, Fatima Zohra Guechi soutenait son importante thèse, rédigée en arabe, sur Constantine, la ville et la société à la fin de la période ottomane ; cela à Tunis, lieu de recherche et d'enseignement de Hamadi Cherif, à qui on doit plusieurs publications fondamentales sur la Tunisie hussaynite.

Lemnouar Merouche, professeur émérite à l'université d'Alger, publie aujourd'hui le premier des quatre volumes qui formeront ses Recherches sur l'Algérie à l'époque ottomane. Certes, il vaudrait peut-être mieux qu'un vrai spécialiste de l'ère ottomane rende hommage à un tel livre plutôt qu'un contemporanéiste tel que l'auteur de ces lignes. Et pourtant, il importe que le droit des ignorants à la lecture et à l'appréciation soit préservé ; et il n'est pas besoin d'être forcément un spécialiste pointu pour percevoir la valeur d'un tel livre.

Ce travail, qui a été longuement mûri par son auteur au fil des ans, parfois dans des conditions difficiles, se veut être un juste hommage à ceux qui furent ses maîtres, au Caire, puis à Paris -Mohammed Anis, l'historien égyptien de l'Egypte ottomane, et Emest Labrousse, qui fut au tournant du XX
e siècle l'une des figures les plus rayonnantes de la Sorbonne. Dans la lignée de l'Ecole des Annales et de Marc Bloch, Labrousse -avec quelques autres comme l'historien de la Méditerranée Fernand Braudel- s'est imposé comme le maître des études d'histoire économique.
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Pourtant, ce livre est loin de se réduire à l'analyse des seuls mécanismes économiques. Certes, et en dépit des lacunes d'une documentation souvent décevante, il propose avec une éblouissante érudition et une grande sûreté de méthode une analyse des phénomènes monétaires et des mouvements de prix aux cours des trois siècles de l'ère ottomane de 1’histoire de l'Algérie. Lemnouar Merouche chemine avec maestria au milieu des variations des monnaies - piastre sévillane, pataque, sultânî, boujou, etc... - et des oscillations des prix. A ce titre, Merouche a bien la stature d'un Labrousse algérien.

Mais aussi, son livre donne à voir l'évolution des fortunes, les liens entre pouvoir et richesse, les rapports entre les classes... Il contient de fines notations qui touchent à l'histoire des mentalités et qui dressent avec doigté, à partir de l'analyse de l'économie, des bilans des rapports internationaux. Il montre ainsi que la conquête française se situa au lendemain d'une grave crise, et dans un pays fragilisé où les pouvoirs dominants avaient fait bon marché de la sécurité alimentaire des gens en exportant à des fins de lucre des quantités inconsidérées de céréales dans des proportions incompatibles avec l'état des forces productives.

On l'aura deviné, un tel livre révèle au public francophone un solide historien, de double formation -arabe d'abord, française ensuite-, à la remarquable ouverture d'esprit et qui se situe aux antipodes des idéologues de tout poil qui fleurissent de part et d'autre de la Méditerranée. Evidemment, aucune corrélation avec telles navrantes nostalgies coloniales que Ion rencontre encore si souvent sur ses rives nord, et qui constituent encore le dit et le non dit de trop d'historiens. Mais pas davantage de complaisance avec telles tendances islamo-heroïsantes d'une certaine histoire officielle algérienne qui sont si souvent encore le lot des Productions de rive sud. Signe de cette ouverture, entre autres : la bibliographie qui contient des titres en anglais, en arabe, en français, en turc... Merouche a travaillé beaucoup travaillé, et, sans se soucier des modes, il livre tranquillement le résultat de ses recherches au public pour le bonheur de ses lecteurs.

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On n'aura guère à noter que quelques imperfections, lesquelles ne sont souvent, à vrai dire, que le côté pile d'une face assez sainement austère qui marque tout l'ouvrage. Ainsi, on pourra regretter que les innombrables tableaux chiffrés ne cèdent pas ici et là la place à des courbes ou diagrammes plus parlants. Et il est dommage que la bibliographie soit rangée selon un ordre alphabétique, et non thématique; et que, contrairement aux normes bibliographiques internationales, les prénoms soient réduits à des initiales et la mention de l'éditeur trop souvent absente. Ce ne sont là que péchés véniels.

Avec Recherches sur l'Algérie à l'époque ottomane. I. Monnaies, prix et revenus 1520-1830, le public savant et le public cultivé doivent saluer la parution d'un travail qui se hausse au niveau des livres fondateurs. On ne peut qu'attendre avec impatience les volumes suivants annoncés par l'auteur.

 

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Alain Mahé - Histoire de la Grande Kabylie
 

Auteur : Lemnouar Merouche
Titre : Recherches sur l’Algérie à l’époque ottomane
II. La course, mythes et réalités
Collection :
Bibliothèque histoire du Maghreb
ISBN : 2-912946-95-6
Prix : 25 €
16x24 cm - 316 pages

Qté
 


Recherches sur l’Algérie à l’époque ottomane
II. La course, mythes et réalités

La course a occupé une place particulière dans l’histoire de l’Algérie ottomane. Elle a été à l’origine de la fondation de la Régence d’Alger et lui a assuré un statut particulier au sein de l’empire ottoman, comme elle a marqué sa politique extérieure.

 

Lemnouar Merouche, docteur en Histoire, Professeur à l’Université d’Alger (1975-1990) a publié Recherches sur l’Algérie à l’époque ottomane, tome I, Monnaies, prix et revenus, 1520-1830, et diverses études dans des revues spécialisées et des ouvrages collectifs..