Revue de presse

Le Parisien, mercredi 8 octobre 2003
COMME QUOI UN BIENFAIT N’EST JAMAIS PERDU...
"J'ai écrit ce livre pour me libérer d'un passé que j'ai gardé secret pendant de nombreuses années de peur de ne pas être comprise." Catherine Lehoux Fleury, 32 ans, chargée du développement et de la formation à l'association Femme active, présente aujourd'hui le livre de sa vie, "Sans père ni repères", paru cette semaine aux Editions Bouchène.

En une centaine de pages, Catherine raconte, sous forme de chronique, d'où elle vient. Cette femme énergique n'a pas connu son père. Elle est le fruit d'une brève rencontre entre sa mère, handicapée mentale et un jeune Algérien disparu sans laisser d'adresse. Cette mère l'a toujours étouffée, déchirant ses cahiers d'écoles pour conjurer la souffrance de voir sa fille rapidement la dépasser intellectuellement.

Entre humiliation et violence, Catherine grandit sans être élevée. "Je m'interdisais de réussir à l'école pour ne pas blesser ma mère", souligne-t-elle. Adolescente, la jeune fille se met à voler et utiliser des chèques. Elle ne tarde pas à être arrêtée et fait un séjour en foyer pour mineurs. Elle fugue régulièrement pour retourner chez cette mère qui lui fait tant de mal, à Montmagny (Val-d'Oise).
Catherine Lehoux Fleury

 

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Le Parisien, mercredi 8 octobre 2003
Ce qui m'a sauvée, c'est que j'ai toujours travaillé

A l'âge de 16 ans, elle tombe amoureuse de Sergueï, un garçon qui habite en face de chez elle. Le prince charmant devient vite violent. Il la frappe et la martyrise pendant quatre ans. "L'enfer a véritablement commencé. Je ne pouvais plus m'en défaire car j'étais trop amoureuse. C'est comme si j'étais vidée de moi-même", explique Catherine. Quand enfin elle quitte son tortionnaire, elle se retrouve à la rue. "Ce qui m'a sauvée, c'est que j'ai toujours travaillé, dans la restauration. Je dormais à la gare du Nord et je passais chez ma mère pour me laver", se souvient la jeune femme.

En 1992, la chance lui sourit enfin à l'occasion d'une rencontre avec un formateur qui la pousse à passer un CAP, puis un BEP de cuisine, enfin un bac de gestion qu'elle décroche en 1996. Après un premier emploi à Gennevilliers, Catherine découvre sa vocation de travailleuse sociale en entrant comme responsable de la formation au Relais de ̈Pantin. "Son niveau de qualification était faible, mais j'ai tout de suite compris qu'elle avait des compétences. C'est une fonceuse", raconte Belka Kheder, le directeur du Relais.

L'expérience est concluante et Catherine se réalise en aidant les autres à sortir de leurs difficultés. La jeune femme prend de l'assurance et décroche un poste en mai 2000 au secrétariat d'État à l'Économie sociale et solidaire, qu'elle quittera après le changement de gouvernement.

Aujourd'hui elle aimerait, grâce à son livre et son expérience, mettre en place une opération de prévention auprès des jeunes dans les écoles et piloter des ateliers d'écriture.

Julien Constant.

Catherine Lehoux Fleury

 

 

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Catherine Lehoux Fleury - Sans père ni repères
 

Auteur : Catherine Lehoux Fleury
Titre : Les raisins rouges d’Algérie
Récit autobiographique d’une jeune femme d’une trentaine d’années.
Collection : Escales/Rayon littérature française/vécu
ISBN : 2-912946-64-6
Prix : 12 €.
13,5x21 cm - 100 pages

Qté
 


Sans père ni repères

Ici, l’acte d’écriture est véritablement libérateur : pour Catherine Lehoux Fleury, il fallait à tout prix : «mettre des mots sur (ses) maux», pour briser le cercle du non-dit, transmis de génération en génération, disséquer les secrets et tabous de famille pour les anéantir et refuser l’asservissement : faire table rase.

Dans ce texte, elle nous dit avec beaucoup de simplicité et de spontanéité son parcours d’enfant sans père et avec une mère débile mentale, analphabète, étouffée en tant que femme par la possessivité de sa propre mère et par l’absence de père, humiliée dans son handicap, et transmettant avec violence et désespoir sa difficulté d’être à ses enfants, notamment à Catherine qu’elle tyrannise dans son apprentissage de la lecture, dans son apprentissage de la vie tout simplement.

Loin d’être pourtant un catalogue des horreurs ni une longue liste sans intérêt des souffrances portées par une enfant, ce récit, écrit purement et simplement avec les mots du cœur, exempt de haine ou de rancœur, porte avec humilité un message fort : c’est que malgré tous les handicaps de naissance, aussi lourds qu’ils soient à porter, on peut s’en sortir, à force de volonté mais aussi à condition de rencontrer au bon moment les bonnes personnes