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4ème de couverture
«Je sais que, depuis 1965, année où j’ai subi la torture, des centaines, peut être des milliers d’Algériens ont connu des sévices tout aussi atroces...
Mon témoignage n’est ni le premier, ni le dernier. Pourtant, l’intime conviction d’avoir assisté à la naissance de la bête immonde à la gueule d’ombre de loup enragé qui dévore ses propres enfants me pousse aujourd’hui à dire, des années après, ma part de souffrance. Car pour comprendre la naissance du monstre et l’anéantir, chaque témoignage est précieux.»
Extrait de la préface de Francis Jeanson
... Avant tout, c’est bien une autobiographie qui nous est ouvertement proposée, alors même que l’auteur est bien loin d’en méconnaître les difficultés et les pièges. Ainsi Hélène se pose-t-elle d’emblée, entre autres questions, la plus cruciale d’entre elles : de qui s’agit-il? De celle qui a vécu les événements, ou de celle que je suis devenue par la suite
? Réponse sans détour : «ce moment privilégié, ce temps fort de ma vie», je le questionne aujourd’hui «à partir de toutes les années que j’ai vécues depuis». Et c’est l’ensemble du récit qui va préciser cette réponse, en lui assurant, de proche en proche, la plus signifiante des concrétisations.
Au cœur même du sens, d’une explosion de sens, il y a cette stupéfiante tentative d’évasion : ce roman vécu, dont il faut laisser le lecteur découvrir les épisodes successifs. Mais le travail même du sens n’a cessé d’avoir lieu, en amont aussi bien qu’en aval : avant l’épreuve décisive, comme pour lui donner ses chances ; et plus encore ensuite, pour en dégager l’essentiel.
En amont, il y a ce premier tournant qu’Hélène situe au moment même de son arrestation, quand il lui a fallu se retrouver seule pour affronter un très réel adversaire. Les flics sont là, ils maintiennent la porte ouverte : «ouverture sur une autre séquence de ma vie, où j’allais enfin cesser d’être une silhouette tremblotante sous le regard des hommes que j’aimais, pour devenir moi-même». Plus précisément encore : «c’est peut-être cette porte non refermée qui m’a permis de devenir une vraie personne, de cesser d’émarger sur le compte d’un homme».
En aval, il y a la radicalisation de cette prise de conscience. Son séjour à la Roquette lui apparaît «comme une année privilégiée, à la fois expérimentale et fondatrice... comme une expérience de laboratoire... à la limite, c’est une étude de cas que je veux faire».
Suite de la préface de Francis Jeanson
... La merveille de cette histoire, c’est bien l’émergence d’une toute autre appartenance collective, d’une très concrète solidarité, bien que plus signifiante que l’ancienne, et qui allait faire d’Hélène – je passe sur quelques étapes intermédiaires – non seulement une Algérienne d’honneur, mais une véritable Algérienne d’adoption. Tout en saluant sa très réelle contribution, durant plusieurs années, au démarrage de la sidérurgie algérienne. C’est à un autre niveau qu’il importe ici de souligner, en fin de compte, l’essentielle bâtardise dont l’ensemble de sa démarche l’a finalement gratifiée.
C’est à elle, bien sûr, qu’il revient d’en assumer et d’en préciser le sens. Sur un point toutefois, je souhaite qu’on demeure sensible, tout au long de ce récit, à ce qui me semble y constituer la plus émouvante des transversales : entre Hélène et le monde réel, il y eut aussi Michèle, les vaines culpabilités de sa mère, la permanence de leur amour, et la mort de Michèle.
Je m’étais promis de me faire aussi absent que possible... Au point d’indiscrétion où me voici quand même parvenu, puis-je encore me permettre de dire que j’aime beaucoup Hélène : sans doute compte-t-elle aujourd’hui parmi les quelques femmes qui m’ont beaucoup aidé à tenter de mieux définir mon incertaine appartenance au genre humain.
Extraits de presse
Fac-similé de la presse le jour de l’évasion d’Hélène Cuénat et de ses compagnes de la prison de la Petite Roquette

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