Anna Berbéra - Les raisins rouges d’Algérie
 

Auteur : Michel Martini
Titre :Chroniques algériennes
Tome I : 1946-1962

Collection : Escales
ISBN : 2-912946-38-7
Prix : 22 €
13,5x21 cm - Tome I : 424 pages

Qté
 
Présentation
L’originalité de ce récit est multiple :

Tout d’abord, il témoigne de ses activités en tant que médecin et chirurgien : homme de terrain et d’action, il participe activement au développement du système de santé, en Tunisie puis en Algérie.

Met en place une formation des personnels médicaux et para-médicaux, organise des structures médicales destinées aux blessés de l’ALN, développe certaines branches de la médecine,(notamment orthopédie). Ainsi, il met ses compétences au service de la reconstruction du pays après l’indépendance.

L’homme se révèle comme un personnage d’une grande liberté et d’une grande clairvoyance: instinctivement au service des opprimés, il en paye le prix (emprisonnement).

On trouve dans ce long récit, peut-être pour la première fois dans la littérature de/et sur l’Algérie, un tel regard critique sans complaisance non seulement sur la mythologie révolutionnaire, mais également sur les lourdeurs sociologiques d’une société à reconstruire.

Ses analyses de situation sont instantanées, extrêmement lucides, et courageuses, quels que soient les risques. C’est dire que ce récit est l’histoire d’une vie assumée dans la «fièvre révolutionnaire» des années 60, mais également dans la passion d’un homme avant tout médecin dans un pays dévasté.

Un engagement personnel
Dans le premier tome, Martini évoque les faits historiques qui ont conduit à son engagement personnel. Il parle aussi de la vie à Tunis à l’époque du GPRA. Dans le second tome, de retour à Alger dès les premiers jours de juillet 1962, il s’agissait naturellement pour lui de retrouver le chemin de l’hôpital et de l’université. C’est sa seconde vie en quelque sorte dont il reconstitue encore une fois (grâce à sa mémoire prodigieuse) le déroulement tout en y associant les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays.
Tout intéresse en réalité le docteur Martini, y compris la situation internationale (dans un chapitre de son second tome, il prend le risque d’évoquer le conflit israélo-palestinien, et ce n’est pas forcément le meilleur de sa contribution et de son analyse).
Mais dans tout cela, Alger demeure pour l’auteur surtout le souvenir de l’éblouissante époque du festival panafricain organisé sous la houlette du très regretté Mohamed Seddik Benyahia.
C’était une époque de délire et d’extravagance où les Black Panthers parodient les grands révolutionnaires en détournant les avions de la TWA vers Dar El Beïda et en encaissant de fortes rançons par la suite. Grâce aux mémoires du docteur Martini, l’histoire d’Alger de ces dernières décennies ressort un peu de son apparente banalité. L’ironie et l’enjouement pour la vie algéroise ne font pas défaut à ces mémoires. Il faudrait que d’autres acteurs éminents de toute cette période passionnante et peu connue fassent la même chose que le docteur Martini, cet ex-résident de Baïnem, dans cette maison où les bruits et les fureurs de la grande ville blanche s’apaisent au cœur de la nuit, quand les grondements des vagues de la mer montent jusqu’à sa fenêtre. Martini se souvient d’une chose aussi : le petit îlot de Bologhine où on pouvait se baigner dans le plus simple appareil. Il faut le faire.

Par Azzedine Mabrouki

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Extraits de presse

El Watan, mardi 18 mars 2003
EDITION-MÉMOIRES DU PROFESSEUR MICHEL MARTINI / Un îlot à Bologhine

Pendant trente ou quarante ans, le professeur de médecine Michel Martini, qui publie aujourd’hui ses mémoires aux éditions Bouchène, a eu le grand privilège de vivre en Algérie et d’apporter une contribution qui n’a pas d’équivalent à l’enseignement et à la pratique de la chirurgie et de la médecine générale.

Militant de la première heure en faveur de l’indépendance nationale, Michel Martini a été arrêté, jugé et emprisonné par le régime colonial. Aujourd’hui à la retraite, le docteur Martini a eu deux grandes passions, la médecine et l’Algérie, qui lui ont rendu tous les honneurs. Au siècle dernier, sa figure et sa silhouette étaient très connues à Alger. Beaucoup d’étudiants en médecine, de praticiens, d’enseignants et de patients se souviennent de lui. Avec des accents empruntés à l’humour algérois souvent, mais parfois aussi quelques anecdotes cruelles pour régler quelques vieux comptes, il dresse dans les deux tomes de ses mémoires une incroyable galerie de portraits et un catalogue explicite, subjectif, complet de mille et une situations vécues au sein de l’université d’Alger et dans les différents lieux où il a exercé, aux hôpitaux de Mustapha, de Parnet, de Douéra. Beaucoup de choses dites ici ont un grand intérêt pour tous ceux qui ont une méconnaissance totale du milieu universitaire médical algérois et des pratiques bonnes ou mauvaises qui en constituent la marque de fabrique.

Suite...

4ème de couverture
Martini a été de ces français qui, contrairement à Camus, ont préféré «la justice à ma mère». Chirurgien de grande renommée, il met son savoir et son talent au service des algériens, rejoint le FLN en Tunisie, passe toute sa carrière dans l’Algérie indépendante et va jusqu’à se convertir à l’Islam pour épouser une algérienne...
Martini parle en toute liberté, sans maquiller ses jugements, des gens qu’il a rencontrés, des événements qu’il a vécus, et il aurait pu en blesser beaucoup s’il avait tout raconté sur la place publique.
Il est de ceux qui pensent que le bien ne fait pas de bruit comme le bruit ne fait pas le bien.
Décidément, il y a des gens qui ne sont vraiment pas comme les autres, il n’y en a plus tellement, saluons-les lorsqu’il passent.

Guy Sitbon



Chroniques des années algériennes
Tome I : 1946-1962

Récit des années de guerre et post-indépendance de l’Algérie par un homme qui venait du dehors - un français de France - mais «tellement dedans», puisqu’il choisit dès 1955 de s’expatrier pour travailler en tant que médecin dans ce pays où il restera plus de trente ans consacrant ainsi son existence à la construction de cette nation.


Né le 8 février 1925 à paris, d’une mère chirurgien dentiste et d’un père banquier. Bac lettres philo. - Études de médecine à Paris. Externe aux hôpitaux de Paris (1943) Interne aux hôpitaux de la région de Paris (1949). Chirurgien à l’hôpital d’Orléansville, Algérie (1955). Mis en résidence surveillée à Letourneux (juillet 1956). Inculpé d’association de malfaiteurs et écroué à la prison civile d’Oran (sept. 56). Condamné à cinq ans de réclusion avec sursis par le tribunal des forces armées d’Oran (août 57), expulsé d’Algérie, se réfugie en Tunisie. Chirurgien à l’hôpital de Sfax, Tunisie (oct. 57). Chirurgien résident à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis (sept 58). Retour en Algérie (1962). Carrière hospitalo-universitaire à Alger. Maître de conférence agrégé de chirurgie générale (nov. 67). Chef de service de chirurgie général à l’hôpital Parnet, Alger (68). Professeur de chirurgie orthopédique et traumatologique et chef de service de l’hôpital de Douera (72). Vit en France depuis sa retraite (87).