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1955 : Par les chemins d'émigration, reportage précédé du Collier d'épreuves, (chants et poèmes kabyles traduits). Société algérienne de publication, Alger. 1955.
- 1963 : Le mouton de la fête, Dialogues, n° 3, juillet-août (conte).
- 1974 : Poèmes et chants de Kabylie *, Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1972.
* Cet ouvrage vient d'être réédité aux Editions Bouchène dans la collection Poésies : cliquez sur le titre pour accéder à la page détaillée.
M Ouary a également publié de nombreuses études et témoignages sur la société et la culture kabyles dans des revues de vulgarisation, notamment Algeria (Alger : 1949, 1950, 1951, 1952, 1955).
Malek Ouary et la culture berbère
Malek Ouary se rattache donc à la chaîne des écrivains culturalistes kabyles au même titre que Boulifa, Jean et Taos Amrouche, Feraoun, Mammeri... Son anthologie de Chants et poèmes de Kabylie, collectés entre 1948 et 1958 puis transcrits et annotés, est précédée d'une introduction, rédigée en 1971, qui constitue un vibrant hommage à la culture berbère. Dans l'introduction, Malek Ouary répond terme à terme aux arguments invoqués pour nier ou marginaliser la culture berbère.
Cette activité de berbérisant et de défenseur de la culture berbère fut, pour Malek Ouary, l'aboutissement d'un cheminement complexe : il y eut d'abord l'enfance et l'immersion totale dans la culture kabyle, puis un brutal sevrage au moment de l'entrée au collège et enfin une ré-appropriation difficile mais tenace. L'enfance de Malek Ouary présente des similitudes avec celle de Jean et Taos Amrouche, issus comme lui du village d'Ighil-Ali, de familles kabyles converties au christianisme. Il est, comme eux, héritier de la tradition des Igawamen (At Manguellat) par sa mère' et de celle des At-Abbès par son père. Ce double héritage est représenté, pour le côté maternel, par sa tante Chabha, conteuse intarissable, et pour le côté paternel par deux personnages : un vieillard Ahined ou Merzouk, qui barra la route aux troupes de Bugeaud, et une «Dame Troubadour», Lia Hnouna, poétesse qui se déguisait en homme pour mieux circuler. Tous ces personnages ont initié Malek Ouary, très jeune, à la magie du Verbe et à la richesse de la littérature orale kabyle.
Ce fut 1’entrée au collège, à l'âge de treize ans, qui rompit le charme, provoquant un sevrage dont il dira : «aujourd'hui, je souffre toujours de ce sevrage prématuré»(1974 :15). Cette période de sevrage, qui dura dix ans, fut celle de la formation intellectuelle (français, latin, grec, arabe) et de l'immersion dans la culture des autres. Cette immersion mena Malek Ouary à une interrogation fondamentale : «Alors, une chose m'a trappe, tout ce que
j'avais acquis comme culture venait de "chez les autres". N'y aurait-il donc rien de valable chez nous ? Cela tournait à l'angoisse et l'idée que la réponse pût être négative, comme certaines bonnes âmes le proclamaient bien haut, me peinait, m'humiliait».
S. Chaker souligne bien [Cf. notice M. Mammeri) que pour cette génération d'intellectuels kabyles, l'immersion dans la culture des autres, «au lieu d'engendrer la classique honte de soi des situation de domination, le reniement de ses origines, a, au contraire, provoqué une brutale prise de conscience de la valeur universelle de la culture dont on était issu».
Cette angoisse fut donc motrice puisqu'elle provoqua une volonté tenace de ré-appropriation
: outre la ré-appropriation de la langue, Malek Ouary, comme tous les intellectuels kabyles de son époque, entreprit en autodidacte sa formation de berbérisant par le retour aux classiques
: Si Mohand ou Mhand, Boulifa, mais aussi Hanoteaux, Lerourneux, Huvgues... Alors que cette ré-appropriation se poursuivait, il y eut «comme une étincelle qui a tout déclenché»
: ce fut la publication de l'ouvrage de Jean Amrouche, Chants berbères de Kabylie; cette publication orienta résolument Malek Ouary vers le terrain kabyle et en particulier vers le champ de la littérature orale. «C'est alors, écrit Malek Ouarv, qu'est né en moi le dessein d une quête systématique, méthodique de cet héritage dédaigné, presque oublié déjà» (1974:16).
Cette «quête systématique » fut principalement centrée sur la poésie et la musique : pour la poésie, elle déboucha sur la publication des Poèmes et chants de Kabylie en 1974, pour la musique, Malek Ouary
a réalisé 22 disques souples de chants individuels, de chœurs... en 1946 pour Radio-Alger qui, après les avoir «passés une fois en illustration» a «tout envoyé au pilon».
Mais la poésie et la musique ne furent pas ses centres d'intérêt exclusifs : Malek Ouary s'intéressa à d'autres aspects de la culture kabyle et notamment à l'architecture. Ses Poèmes et Chants de Kabylie ne représentent qu'une partie du matériau collecté durant ces années de travail intensif sur le terrain kabyle.
D. Abrous
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