Jean-Jacques Deluz - Les voies de l’imagination
 

Auteur : Jean-Jacques Deluz
Titre : Les voies de l’imagination
Manifeste sur l’architecture et les arts plastiques, mais aussi réflexion sur la «société du spectacle»
Collection :
Hors collections
ISBN : 2-912946-60-3
Prix : 20 €.
18x18 cm - 96 pages.

Qté
 


Les voies de l’imagination

« Cet ouvrage a été rédigé entre février 1999 et avril 2000. Je l’ai écrit dans l’ordre même des chapitres en suivant le chemin sinueux de mes souvenirs tels qu’ils s’inscrivent dans la géographie de la ville. Il commence en découvrant la Casbah, il finit dans la Casbah, cœur (au sens physiologique du terme) d’El Djezaïr, d’Alger
Les grilles de lecture s’inscrivent dans plusieurs plans : ma vie à Alger, ma vie d’architecte et les réflexions qui l’ont accompagnée, sur le plan de ma pratique professionnelle, sur le plan des théories de l’architecture et de son enseignement, et Alger, la ville comme je l’ai vue, ce qu’elle est, ce que les architectes et les urbanistes ont voulu en faire ; en accompagnement, les rumeurs parfois étouffées de l’histoire.
Alger est ma ville d’adoption. C’est celle que j’aime et que je connais plus que toutes les autres. Elle a été ma vie, avec les amertumes et les bonheurs qui en font le sel. »



Je suis né à Lausanne en 1930, un 8 avril, sous le signe du bélier. Arrivé au monde avec une jaunisse, j’ai fait peur à ma mère ; ensuite, j’ai été un joli petit garçon insupportable.
Au collège, je marchais sur les mains et faisais des sauts périlleux ; au gymnase, je découvre les Symbolistes et récite Mallarmé, Laforgue et Corbière. Hésitant entre les mathématiques et l’architecture, je choisis celle-ci. A l’école d’architecture, Alvar Aalto fait une conférence que je n’oublierai pas. 1953 : année de stage à Paris, j’y suis un inlassable piéton, un habitué de la Cinémathèque. Je rencontre le Péruvien Rodolfo Milla qui me fait connaître le surréalisme. Je passe mon diplôme en janvier 1956 sous la direction de Jean
Tschumy, et je débarque à Alger qui restera, envers et contre tout mon port d’attache. Je collabore au bureau d’architectes Daure et Béri, je découvre Pouillon, puis je me forme à l’urbanisme à l’Agence du Plan d’Alger avec Gérald Hanning, auquel je succède en 1959.
1962 : l’indépendance. 1963 : j’ouvre mon bureau d’architecte et je m’établis rue des bananiers ; Naissance de mon fils. Je rencontre Jean-Marie Boëglin, le théâtre et la politique. De 1964 à 1988, J’enseigne l’architecture. L’urbanisme et l’architecture d’Alger paraît en 1988. En 1970, la vénéneuse Polly Hartritt s’installe dans mes articulations. En 1993, après une dernière visite de chantier à Constantine, je suis contraint de quitter l’Algérie. En 1997, c’est le retour : je travaille avec le gouvernorat d’Alger et je projette la ville nouvelle de Sidi Abdellah. Je peins lorsque l’architecture me laisse respirer : ma peinture est confidentielle, seuls quelques amis la connaissent. Les phares qui ont éclairé ma navigation sont, parmi d’autres, Breughel le vieux, Bosch, Carpaccio, Max Ernst, et Diderot, Jarry, Breton, et Chopin, et Murnau, Bunuel, et Aalto, Gaudi et L’Alhambra de Grenade et le petit Trianon de Gabriel, et...
Et survivre encore, dans cette société du spectacle qu’on mythifie sous couvert de virtualité.