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A travers le pèlerinage païen paru en 1964 et autres poèmes, Mourad Bourboune cherche à dire simultanément le passé, le présent, l’avenir du peuple algérien. Ses poèmes révèlent un homme en mutation. Il dissèque, tranche, émonde, laisse tomber ce qui paraît mort ou pourri et essaie d’entrevoir des horizons nouveaux.
L’ensemble de son œuvre rend compte du cheminement d’un homme qui change de peau à l’égal de l’Algérie elle même, qui se transforme. L’écrivain y fait son bilan pour voir plus clair et proclamer une authentique libération.
«La force de Mourad Bourboune fait qu’en maniant la langue de la vieille Europe il met au jour une troisième identité qui est enfin celle de l’Algérie authentique.»
The Times, literary supplement
Né le 23 janvier 1938 à Jijel en Petite Kabylie. Études à Constantine, puis à Tunis et à Paris. Grève des étudiants en 1956. En 1958, il se trouve à Tunis et joue dans la pièce de Kateb Le Cadavre encerclé. Participe à la fondation de l’Union des Écrivains algériens le 28 octobre 1963. Directeur de cabinet de Bachir Boumaza, ministre du Travail et des Affaires sociales. En octobre 1963, il dirige la Commission culturelle mise en place par le FLN. Après le coup d’État du 19 juin 1965, il part pour la France. Retour en Algérie quelques années plus tard, puis retour à Paris où il a travaillé quelque temps à Demain l’Afrique. Réside à Paris.
Le Mont des genêts, Paris, Julliard, 1962, 233 p., roman.
Le Pèlerinage païen, Paris-Alger, Rhumbs, « Cahiers du monde intérieur », 1964, np.
Le Muezzin, Paris, Christian Bourgois, 1968, 314 p., roman.
Le Muezzin bègue, Paris, Illustration de Benanteur, 1970, poème (HC).
Une oeuvre Les dieux brûlés avait été depuis longtemps annoncée, mais elle n’a jamais paru. Le Pèlerinage païen et Le Muezzin révélaient pourtant un auteur de talent, portant un regard nouveau et critique dont on était en droit d’attendre beaucoup; déjà dans ce roman la «Révolution» est un «fœtus entre les doigts des avorteurs»
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