4ème de couverture

Nous sommes quelques uns à demeurer vivants
Et désormais je dirai tout :
Mon copain mes copains
Ma longue litanie
Ceux qui mangeaient du jour
Quand je vivais de routes bleues
Mon copain mes copains
Aux gestes délicats
Vous aimiez bien la ville aux pavés qui reluisent
On m'a tout dit de vous pour me rendre jaloux
De m'ennuyer partout
Où vous n'êtes pas là. ...
J'ai tellement d'amis que mes doigts s'impatientent
que deux yeux
Puisqu mon cœur a mal au lieu
de mieux se battre
Puisque j'ai mal
Quand ils font mieux.
J'avais tant de copains dont les noms se tairont
Pour qu'un poète ait la parole
Ces copains pleins de fleurs et qui disaient
Demain

     
Malek Haddad - J’écoute et je t’appelle
 

Auteur : Malek Haddad
Titre : J’écoute et je t’appelle
Collection : Poésie
ISBN : 2-912946-46-8
Prix : 10 €.
14,5x21 cm - 92 pages.

Qté
 

J’écoute et je t’appelle

Les poésies de Malek Haddad oscillent de nouveau, dans ce deuxième recueil, entre engagement et liberté, amertume de l’exil et nostalgie d’un bonheur perdu.
A travers ses écrits où se retrouve l’empreinte de la Guerre de Libération, transparaît le talent d’un écrivain soucieux surtout de la valeur virtuelle, de la quintessence de son témoignage. Ses textes font transparaître une double personnalité de l’auteur, poète déchiré et témoin engagé dans un monde de violence. Ce qui frappe dès l’abord chez Malek Haddad, c’est l’originalité du style: direct, dépouillé à l’extrême, n’offrant aucune prise, les idées sont nettes, tranchées, presque isolées les unes des autres et prenant l’allure parfois de sentences.

Né le 5 juillet 1927 à Constantine. Voyageur infatigable, il foulera le sol de Paris, Le Caire, Lausanne. Tunis. Moscou, New-Delhi, autant d’escales que de repères dans le parcours de cet écrivain qui s’est d’abord révélé poète.
Son premier recueil, Le malheur en danger paraît en pleine Guerre de Libération (Paris, La Nef, 1956, rééd. Bouchène, Alger, 1988) alors que le second Ecoute et je t’appelle sort en 1961 (Maspéro) précédés de Les zéros tournent en Rond (essai). Entre-temps, il écrira quatre romans: La Dernière Impression (Julliard, 1958, rééd. Alger, Bouchène, 1989); Je t’offrirai une gazelle (Julliard, -1959); L’élève et la leçon (Julliard, 1960, Trad. à l’arabe, Sned, Alger, 1973); Le Quai aux fleurs ne répond plus (Julliard,, 1961, Trad. à l’arabe, Sned, 1979).
Auparavant, il a entamé des études de droit à Aix-En-Provence (1954) après un bref passage dans l’enseignement. Il abandonne le droit pour écrire et pour collaborer à plusieurs revues. Conférencier et diplomate, il effectuera différentes missions au nom du FLN pour porter dans différents pays la voix de l’Algérie combattante.
Après 1962, collabore à la création de la presse nationale, fait partie du comité de rédaction de Novembre et animera à Constantine, la page culturelle d’An-Nasr (1965-1968). Mettant fin à ses ambitions littéraires et rompant ses liens avec le Français, cette langue qui a été son arme et sa voix mais surtout sa douleur, son exil, il s’engage dans la politique et assume plusieurs postes de responsabilité. Il a été directeur de la culture au ministère de l’Information et de la Culture (1968-1972), Secrétaire général de l’Union des Ecrivains Algériens, conseiller technique chargé des études et recherches dans la production culturelle en français (1972). Il meurt à Alger le 2 juin 1978