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Suite baroque

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Vient de paraître , du même auteur : "Récits de la longue patience, journal de prison, 1956-1962"

Suite baroque
Histoires de Joseph, Slimane et les nuages, Daniel Timsit

 

L’ouvrage

4ième de couverture

Les autres ouvrages de Daniel Timsit

Daniel Timsit est mort le 2 août 2002

 

L’ouvrage

 

Auteur :

Daniel Timsit

Titre :

Suite baroque, Histoires de Joseph, Slimane et des nuages

Collection :

Escales

Résumé :

Second récit de Daniel Timsit qui poursuit sa longue réflexion, très romancée, sur le temps des années de guerre en Algérie, des années des désillusions et des résistances dérisoires, puis, loin du pays, le temps où il faut continuer à vivre et à aimer.

ISBN :

2-912946-09-3

Prix :

14,79 €. 13,5x21 cm. 192 pages.

 

4ième de couverture

 

C’est en 1957 que j’ai rencontré pour la première fois Daniel Timsit. Nous étions en pleine guerre. L’Algérie accouchait de son histoire dans la souffrance, le sang et la mort. Dans la salle 8 du Groupe pénitentiaire de Maison-Carrée, ou plus familièrement des Quatre Hectares comme le nommaient les Algériens pensionnaires, je vis un jour entrer ce nouveau locataire de ce pénitencier déjà célèbre. Tout de suite, je remarquai que c’était un Blanc. Crâne rasé, boule à zéro, d’un côté le paquetage sous un bras, de l’autre une paire de godasses suspendue à son épaule.

 

Par quel cheminement était-il venu se mêler à notre problème à nous, Arabes ou Berbères, noirs ou basanés, indigènes, les damnés de la terre ? Une chose était certaine, pourtant, il était des nôtres. Et tout naturellement il s’est intégré à nous.

 

Daniel Timsit qui porte n nom bien berbère – petite flamme en tamazigh – est un témoin vivant de l’Algérie de toujours.

 

Ce n’est qu’un roman, dit-il. Un moment, certes, mais un peu autobiographique, un peu véridique et si certaines histoires ont été bien reconstruites, dans l’ensemble, ce qu’il en dit reflète bien ce qu’a été sa vie. Littérature agréable à lire, sur quoi ricochent des histoires vécues, à peine maquillées, nostalgiques sur fond de tristesse. C’est quoi ce livre au juste ?

 

Un chant à la vie ?

 

C’est quoi la vie en fin de compte ?

 

Ali Zamoun

 

Les autres ouvrages de Daniel Timsit

 

Algérie, récit anachronique
Récits de la longue patience, carnets de prison – 1956-1962

 

 

 

Daniel Timsit est mort le 2 août 2002

 

 

« Il y a tant de morts

Tenant le monde en respect

Que d’ombres

Que de pas

Anciens nous hantent

Dans la cellule

Et la forêt ! »

 

Kateb Yacine

Pour un blessé à mort

 

 

 

-  vendredi 9 août 2002

 

Le rêve d'une Algérie plurielle

 

SI PEU QUE J'AI CONNU Daniel Timsit comme médecin, comme écrivain, comme politique, il n'était pas de ceux qui se laissent facilement oublier. Il avait, la dernière fois que je l'ai vu, au printemps de cette année qui le vit disparaître vendredi 2 août, quelque chose de déterminé et en même temps d'infiniment fragile.

 

Daniel Timsit est né à Alger le 16 décembre 1928, dans une famille juive devenue française par  le décret Crémieux (1870). Son père est petit commerçant en tissus et sa mère est la fille du grand rabbin de Constantine. Exclu du lycée Bugeaud sous le proconsulat de Weygand qui applique plus sévèrement qu'en France la politique antijuive de Vichy, il peut reprendre ses études après le débarquement allié. C'est alors qu'il milite aux Jeunesses communistes, puis aux étudiants du PCA, où il devient le camarade et l'ami de Maurice Audin et de sa future épouse, Josette Sempe. C'est essentiellement pour se rapprocher de la masse des Algériens qu'il milite dans ce parti. Le 1er mai 1945, il défile à Alger avec les nationalistes. Une semaine après, c'était dans le Constantinois la « répétition générale » de ce qui se produira après le 1er novembre 1954. Etudiant en médecine depuis 1951, il ne renonce aucunement à ses idées. Ses amis de jeunesse s'appellent aussi Kateb Yacine et Mohamed Dib.

 

Communiste réduit à la clandestinité, Daniel Timsit organise avec les étudiants nationalistes et les disciples européens d'André Mandouze, fort nombreux à la faculté des lettres, la première grève à l'université contre la torture. Nous sommes alors à la fin de 1955. Pendant que Guy Mollet et Robert Lacoste s'enfoncent dans la répression et la torture, Daniel Timsit organise pour le FLN un laboratoire d'explosifs qu'il croit destinés au seul maquis.

 

Maurice Audin, « l’archange »

Arrêté en octobre 1956, il est battu mais non torturé. Quand il est emprisonné à Barberousse, un gardien lui dit : « Tu es grand, on va te raccourcir. » Il échappe pourtant à la condamnation à mort grâce au témoignage en sa faveur de son patron à l'hôpital, le professeur Lévy-Valensi. En prison, à El-Harrach, à Lambèze, à Marseille, à Angers, il rédige son extraordinaire journal, où il note toutes ses lectures, de la Bible à Shakespeare, les mots de ses gardiens, humains ou brutaux, ses amours, ses liens avec sa famille qui ne le renia pas, son apprentissage de l'arabe, ses espérances et ses illusions.

 

C'est en décembre 1960, aux Petites Baumettes, qu'il comprend qu'il faut renoncer à l'utopie d'une Algérie plurielle pour laquelle Femand Iveton avait donné sa vie et Timsit et Harbi risqué la leur. Ce journal a été publié sans retouches, sous le titre Récits de la longue patience (Bouchène-Flammarion, 2002). C'est dans ce texte qu'il évoque la figure, un « archange » dit-il, de son ami Maurice Audin, « disparu » le 21 juin 1957. Libéré, Daniel Timsit passe à Paris ses derniers examens de médecine et rentre à Alger tenter, sans trop d'illusions, l'expérience fraternelle dont il avait rêvé. Il collabore avec plusieurs ministres, notamment à la réforme agraire. Après le coup d'Etat de juin 1965, il exerce quelques mois comme médecin à Alger, puis quitte le pays et devient à Paris à la fois un spécialiste d'endocrinologie et un généraliste, une sorte de médecin des pauvres comme il y en avait au XIXe siècle. A la fin de 1960, il épouse Monique Antoine, avocate qui fut constamment - et discrètement - sur la brèche pendant le conflit algérien.

 

Il devient aussi un écrivain, dont le ton, mêlé de perspicacité, d'ironie et de tendresse, a quelque chose d'unique. Avant le Journal, c'est Algérie, récit anachronique et Suite baroque, histoire de Joseph, Slimane et de nuages (Bouchène, 1998 et 1999). Daniel Timsit revit l'Algérie qu'il a rêvée  et qui, peut-être, n'était pas entièrement impossible. Sans doute a-t-elle été tuée en février 1956, quand Guy Mollet capitula devant l'émeute.

 

              Pierre Vidal-Naquet

 

-  le 11 août 2002

 

Décès de Daniel Timsit

 

L'écrivain qui rêvait  d'une Algérie plurielle  est mort à 75 ans.

 

L'Algérie n'aura pas été que son lieu de naissance. Elle aura décidé de l'itinéraire de Daniel Timsit, emporté à 75 ans par une crise cardiaque et enterré mercredi dans l'Ariège. Médecin, écrivain, politique, il vouait un amour profond à l'Algérie. «Mais à une Algérie des humbles, de ces militants de base qui passent toujours à la trappe dans la littérature officielle», remarque l'éditeur Abderrahmane Bouchène en évoquant ce «juste, cette race qui est en train de disparaître mais dont on a tant besoin».

 

Né en 1928 dans une famille juive à Alger, l'étudiant en médecine s'engage vite auprès des nationalistes algériens. Militant du PCA (Parti communiste algérien), il organise, fin 1955, avec les étudiants nationalistes la première grève contre la torture à l'université. Cet engagement va de pair avec une aide logistique au FLN jusqu'à son arrestation en octobre 1956. Il notera tout de ses années de détention : lectures, rêve de cette Algérie plurielle qui, finalement, ne sera pas... Ce « journal de prison» sera publié quarante ans plus tard, en 2002, aux éditions Bouchène-Flammarion sous le titre Récits de la longue patience, après deux ouvrages, Algérie, récit anachro nique et Suite baroque, histoire de Joseph, Slimane et de nuages (Bouchène, 1998 et 1999).

 

Illusions, désillusions: Daniel Timsit ne se départira jamais d'une tendresse et d'une lucidité envers l'Algérie où il travailla après l'indépendance, notamment dans la réforme agraire avant d'exercer la médecine à Alger. Rentré à Paris dans les mois qui suivirent le coup d'Etat de 1965, Timsit gardera toujours un intérêt passionné pour ce pays. « Il était, se souvient Abderrahmane Bouchène, très meurtri par ce qu'il s'y passe. C’était très touchant.. .»•

José Garçon