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Jean Jacques DELUZJean-Jacques DELUZ

Né en 1930 à Lausanne

Je suis né à Lausanne en 1930, un 8 avril, sous le signe du bélier. Arrivé au monde avec une jaunisse, j’ai fait peur à ma mère ; ensuite, j’ai été un joli petit garçon insupportable. Au collège, je marchais sur les mains et faisais des sauts périlleux ; au gymnase, je découvre les Symbolistes et récite Mallarmé, Laforgue et Corbière. Hésitant entre les mathématiques et l’architecture, je choisis celle-ci. A l’école d’architecture, Alvar Aalto fait une conférence que je n’oublierai pas. 1953 : année de stage à Paris, j’y suis un inlassable piéton, un habitué de la Cinémathèque. Je rencontre le Péruvien Rodolfo Milla qui me fait connaître le surréalisme. Je passe mon diplôme en janvier 1956 sous la direction de Jean Tschumy, et je débarque à Alger qui restera, envers et contre tout mon port d’attache. Je collabore au bureau d’architectes Daure et Béri, je découvre Pouillon, puis je me forme à l’urbanisme à l’Agence du Plan d’Alger avec Gérald Hanning, auquel je succède en 1959. 1962 : l’indépendance. 1963 : j’ouvre mon bureau d’architecte et je m’établis rue des bananiers ; Naissance de mon fils. Je rencontre Jean-Marie Boëglin, le théâtre et la politique. De 1964 à 1988, J’enseigne l’architecture. L’urbanisme et l’architecture d’Alger paraît en 1988. En 1970, la vénéneuse Polly Hartritt s’installe dans mes articulations. En 1993, après une dernière visite de chantier à Constantine, je suis contraint de quitter l’Algérie. En 1997, c’est le retour : je travaille avec le gouvernorat d’Alger et je projette la ville nouvelle de Sidi Abdellah. Je peins lorsque l’architecture me laisse respirer : ma peinture est confidentielle, seuls quelques amis la connaissent. Les phares qui ont éclairé ma navigation sont, parmi d’autres, Breughel le vieux, Bosch, Carpaccio, Max Ernst, et Diderot, Jarry, Breton, et Chopin, et Murnau, Bunuel, et Aalto, Gaudi et L’Alhambra de Grenade et le petit Trianon de Gabriel, et...

Et survivre encore, dans cette société du spectacle qu’on mythifie sous couvert de virtualité.