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noimageLaurant-Charles FÉRAUD

1829 - 1888 Né(e) à Nice

Érudit du XIXe siècle, L. C. Féraud, interprète militaire, (mort en 1888) a connu et parcouru le Maghreb tout au long de sa vie, de l’Atlantique à la Cyrénaïque, et de la Méditerranée au Sahara, dans une période cruciale de son histoire, entre les années 1840 et les années 1880.

«Fils d’un officier de marine, Laurent-Charles Féraud était le petit-fils d’un frère du conventionnel Féraud, colonel de cuirassiers.» «Il naquit à Nice le 5 février 1829, fit des études au Lycée de Toulon. Il partit pour l’Algérie en 1845, à l’âge de 16 ans, où il entra au début, comme commis auxiliaire dans l’administration civile algérienne (au commissariat civil de Cherchell, le 20 décembre de la même année). Surnuméraire (20 décembre 1846). Très rapidement, il apprit l’arabe, puis devint interprète en 1848 et fut envoyé à Bougie le 20 juillet de cette année-là comme interprète commissaire civil chargé d’organiser l’administration de ce cercle. Le 1er août 1850, il devint interprète-militaire auxiliaire de deuxième classe. Attaché au Commandement supérieur de la Division de Bougie, (de première classe le 24 janvier 1853), (de deuxième classe le 16 août 1857). Sa carrière au sein des services de la colonisation militaire de l’Algérie commence dès 1849, où le Général de Saint-Arnaud l’amena avec lui au cours d’un raid qu’il fit contre les Algériens de Kabylie, et Charles Féraud passa dès lors dans le cadre des interprètes militaires. Il fut attaché au colonel de Wengi à Bougie, où il subit avec le corps militaire de celui-ci les attaques des militants et résistants algériens du groupe Bou-Berla sur cette ville. En mars 1851, il fut cité. En janvier 1852, Féraud fit la désastreuse campagne Bousquet en Kabylie, celle de juillet suivant avec le Général Maissiat, sur Sétif, en 1853, celle des Babors avec Randan. En 1854, il rejoignit le service Général Mac-Mahon, alors commandant la province de Constantine, et subit avec lui les attaques armées des résistants algériens. Il sera alors maintenu dans son poste d’interprète militaire au Constantinois jusqu’en 1872. Ensuite il fut nommé interprète du gouvernement militaire général de l’Algérie, à partir du 19 février 1872 ». « Charles Féraud avait épousé le 31 janvier 1861, à Constantine, Françoise Adélaïde Sicard dont il a eu deux filles et un fils, le Général Eugène Féraud ».

«Féraud avait un don exceptionnel pour la langue arabe. De plus, en tant que méditerranéen de naissance, il avait une vocation instinctive, et une disposition naturelle qui le familiarisaient spontanément avec l’âme arabe, qui est aussi bien méditerranéenne que la sienne. A notre avis, ces deux caractéristiques culturelles fondamentales de sa personnalité seront ultérieurement les facteurs les plus décisifs de la réussite de sa carrière diplomatique et de sa vocation d’historien. Sa parfaite connaissance des dialectes arabes et de ceux qui les parlaient, le faisaient employer à des besognes très diverses: reconnaissances, enquêtes, missions «diplomatiques» auprès des chefs de tribus algériennes. Il reconnut le cours de l’Oued Sahel en janvier 1854, tenta d’enrayer le mouvement de révolte nationale algérienne qui se dessina après le départ de l’armée française d’Afrique pour la Crimée, assista à la campagne de Djujura, fin 1854, à celle d’Oued el-Kébir, avec le Général Gastu, en 1858, de Zaoura, avec le Général Lefebvre, en 1859, de Kabylie orientale avec le Général Dexvaux, en 1860. Féraud marcha, la même année, avec le Général Périgot contre les résistants et Modjahidines Kabyles qui n’acceptaient pas la domination française. Le 18 février 1860, Laurent-Charles Féraud avait été fait chevalier de la Légion d’Honneur , puis le 24 août 1874, il obtint la rosette d’officier, en récompense de son zèle colonial contre le peuple algérien. Plus tard, le 3 décembre 1883, alors Consul Général à Tripoli, il sera décoré de nouveau de l’ordre de la Légion d’Honneur, mais cette fois-ci, il aura droit à la classe de «Commandeur», en raison des services qu’il rendit à son pays en observant, de l’oeil du diplomate bien avisé, le déroulement des évènements en Libye à cette période de son histoire ». En 1876, Féraud fit un séjour en Libye, en visitant Tripoli et Benghazi Et pensa dès lors semble-t-il à se faire nommer au consulat de Tripoli, avec l’appui de son protecteur le général Chanzy. Après de multiples difficultés, le décret de nomination arriva le 7 novembre 1878. Il arriva à Tripoli en début 1879 et devait y rester jusqu’au 4 novembre 1884, d’abord en tant que Consul, puis de Consul général. Ses activités lors de ce séjour, qui devait se traduire également par la rédaction des Annales tripolitaines, sont traitées de manière exhaustive par M. El-Wafi, auquel nous renvoyons. Dès 1883, des rumeurs persistantes révélaient l’éventualité de la nomination de Charles Féraud à un poste diplomatique plus important au Maroc. Cette promotion finit par se faire, et Féraud quitta Tripoli le 4 novembre 1884. Il devait mourir au Maroc le 19 décembre 1888.